Il n'existe pas une structure universelle de landing page. Mais il existe un ordre logique qui fonctionne dans 90% des cas. On le sait parce qu'on construit des landing pages toutes les semaines, et les pages qui convertissent le mieux suivent presque toujours la même logique.
L'idée est simple : chaque section de la page a un rôle précis. Si une section ne sert pas à convaincre, rassurer ou faire agir, elle n'a rien à faire là. Voici la structure qu'on recommande, section par section. Pour des wireframes prêts à adapter par secteur, consultez nos modèles de landing page. Et pour un tutoriel complet de création, suivez notre guide étape par étape.
Section 1 : Le héros (above the fold)
C'est la partie visible sans scroller. Le visiteur se fait une opinion en 3 à 5 secondes. Si le héros ne capte pas l'attention, le reste de la page n'existe pas.
Ce qu'il doit contenir :
- Un titre clair qui parle du résultat pour le visiteur (pas de votre produit)
- Un sous-titre qui précise pour qui et comment
- Un call to action visible
- Éventuellement un visuel (capture d'écran, illustration, vidéo courte)
Ce qu'il ne doit pas contenir :
- Le nom de votre entreprise en gros (personne ne s'en soucie à ce stade)
- Une phrase vague type "La solution innovante pour votre entreprise"
- Trois boutons différents qui partent dans trois directions
Le titre est l'élément le plus important de toute la page. Il doit répondre à la question "qu'est-ce que j'y gagne ?". Si vous vendez un outil de facturation, ne dites pas "Logiciel de facturation en ligne". Dites "Envoyez vos factures en 30 secondes et soyez payé 2x plus vite". On explique comment formuler ça dans notre guide sur la proposition de valeur.
Section 2 : Le problème
Le visiteur doit se reconnaître. Avant de parler de votre solution, montrez que vous comprenez sa situation. Décrivez les frustrations, les difficultés, les conséquences de ne rien changer.
Concrètement, ça peut prendre la forme de :
- 3 à 4 pain points listés avec des icônes
- Un court paragraphe qui décrit le quotidien du client sans votre solution
- Une question rhétorique qui touche juste
L'erreur classique : sauter cette section et passer directement aux fonctionnalités. Le visiteur n'est pas encore prêt à entendre parler de votre produit. Il a d'abord besoin de sentir que vous comprenez son problème.
Section 3 : La solution (votre offre)
Maintenant que le problème est posé, présentez votre solution. Pas une liste de 15 fonctionnalités. Une explication simple de ce que vous proposez et de ce que ça change.
Un bon format : 3 bénéfices clés, chacun en une phrase courte avec un visuel ou une icône. Chaque bénéfice répond à "et alors ?" plutôt que "quoi".
- Pas : "Dashboard analytique avec 50 métriques"
- Mais : "Vous voyez en 10 secondes si votre mois est bon ou mauvais"
Si vous avez besoin d'entrer dans le détail des fonctionnalités, faites-le plus bas dans la page. À ce stade, le visiteur veut comprendre le "pourquoi", pas le "comment".
Section 4 : La preuve sociale
Le visiteur commence à être intéressé. Il se demande : "Est-ce que ça marche vraiment ? Est-ce que d'autres personnes l'utilisent ?"
C'est le moment d'apporter des preuves. Plusieurs formats fonctionnent, et on peut les combiner.
Les logos clients. Une bande de 5 à 8 logos de marques connues. Ça prend peu de place et ça rassure immédiatement. Si Decathlon ou BlaBlaCar utilisent votre outil, le visiteur se dit que c'est sérieux.
Les témoignages. Un bon témoignage client parle du résultat obtenu, pas juste du produit. "On a réduit notre temps de facturation de 4 heures à 20 minutes par semaine" est 10 fois plus convaincant que "Super outil, je recommande !". Ajoutez un nom, un titre et une photo pour la crédibilité.
Les chiffres. "2 500 entreprises utilisent notre solution" ou "98% de satisfaction client" ou "+40% de conversion en moyenne". Les chiffres spécifiques sont plus crédibles que les chiffres ronds.
La preuve sociale est l'un des éléments de réassurance les plus puissants. Ne la planquez pas en bas de page.
Section 5 : Comment ça marche
Si votre produit ou service demande une explication, c'est ici qu'elle va. Le format classique : 3 étapes simples.
- Étape 1 : Créez votre compte en 2 minutes
- Étape 2 : Importez vos données ou connectez vos outils
- Étape 3 : Recevez votre premier rapport automatiquement
L'objectif est de montrer que c'est simple. Le visiteur ne doit pas se dire "ça a l'air compliqué à mettre en place". Si le process est vraiment simple, montrez-le. Si il est complexe, simplifiez la présentation et renvoyez vers une démo pour les détails.
Cette section n'est pas obligatoire. Si votre offre est évidente (un t-shirt, un ebook, une consultation), passez-la.
Section 6 : Les détails de l'offre
C'est ici qu'on peut entrer dans le détail. Fonctionnalités clés, spécifications, ce qui est inclus. Le visiteur qui scrolle jusque là est intéressé et veut des réponses précises.
Quelques formats qui marchent :
- Une grille de fonctionnalités avec icônes et descriptions courtes
- Un tableau comparatif entre vos plans (si vous avez plusieurs offres)
- Des captures d'écran annotées
- Une courte vidéo de démo (2 minutes max)
Ne listez pas tout. Mettez en avant les 5 à 8 fonctionnalités qui comptent le plus pour votre audience cible. Le reste peut aller dans une page dédiée ou dans une FAQ.
Section 7 : Le prix
Si votre tarif est public, affichez-le clairement. Pas de "Contactez-nous pour un devis" quand le prix est standard. Les visiteurs veulent savoir combien ça coûte avant de décider s'ils vont plus loin.
Quelques bonnes pratiques :
- Ancrer la valeur avant le prix ("Nos clients économisent en moyenne 200€/mois" puis "Le plan Pro coûte 49€/mois")
- Mettre en avant le plan le plus populaire
- Inclure une mention de garantie ou d'essai gratuit juste à côté du prix
Si votre modèle est du sur mesure (consulting, agence, projet), remplacez cette section par un CTA vers un formulaire de devis. Mais donnez au moins une fourchette pour que le visiteur sache s'il est dans la bonne gamme. On détaille ce sujet dans notre article sur le coût d'une landing page.
Section 8 : FAQ
Les questions fréquentes lèvent les dernières objections. C'est une section très sous-estimée. Elle a deux avantages : elle rassure le visiteur hésitant, et elle améliore le SEO (Google aime les FAQ structurées).
Les questions à inclure :
- Celles que vos prospects posent vraiment (demandez à votre équipe commerciale)
- Les objections les plus courantes (prix, engagement, complexité, support)
- Les détails pratiques (délais, compatibilité, conditions d'annulation)
3 à 6 questions suffisent. Au-delà, créez une page FAQ dédiée.
Section 9 : Le CTA final
La page se termine par un dernier appel à l'action. Le visiteur a lu toute la page, il est informé. C'est le moment de lui faciliter le passage à l'acte.
Cette section est souvent plus simple que le héros :
- Un titre qui reformule la promesse ou crée un sentiment d'urgence
- Le bouton CTA (le même qu'en haut)
- Une phrase de réassurance ("Sans engagement", "Essai gratuit 14 jours", "Réponse en 24h")
Ne rajoutez pas de nouveau contenu ici. Le visiteur a pris sa décision, il a juste besoin du bouton.
Les sections optionnelles
Selon votre activité, vous pouvez ajouter :
Un comparatif avec les concurrents. Un tableau "Nous vs. les alternatives" fonctionne bien quand le visiteur est en phase de comparaison. Soyez honnête dans la comparaison, les visiteurs détectent les tableaux bidonnés. Pour voir comment les meilleurs sites gèrent ça, consultez nos exemples de landing pages.
Une section "Pour qui / Pas pour qui". Dire clairement à qui votre offre s'adresse (et à qui elle ne s'adresse pas) renforce la confiance. Le visiteur qui se reconnaît dans le "pour qui" est rassuré. Celui qui se reconnaît dans le "pas pour qui" ne vous fera pas perdre du temps.
Des cas d'usage ou études de cas. Plus détaillés que les témoignages. Montrez un avant/après concret : la situation du client, ce qu'il a fait avec votre solution, les résultats obtenus.
Les erreurs de structure les plus fréquentes
Commencer par se présenter. "Fondée en 2015, notre entreprise..." Le visiteur ne vous connaît pas et ne veut pas vous connaître. Il veut savoir ce que vous pouvez faire pour lui.
Mettre le CTA uniquement en bas. Si le visiteur est convaincu après la section 3, il ne devrait pas avoir à scroller jusqu'en bas pour agir. Placez un CTA après le héros, un après la preuve sociale et un en fin de page.
Trop de texte, pas assez de hiérarchie. Un bloc de 200 mots sans titre, sans liste, sans visuel, personne ne le lit. Découpez. Aérez. Utilisez les titres, le gras et les listes courtes pour rendre la page scannable.
Oublier le mobile. Plus de 60% des visiteurs sont sur smartphone. Un héros avec un titre de 3 lignes sur desktop qui en fait 8 sur mobile, ça ne fonctionne pas. Pensez d'abord à la version mobile. Notre guide sur les landing pages responsives détaille les bonnes pratiques.
Trop de liens sortants. Une landing page n'est pas un site web. Elle a un seul objectif. Chaque lien qui pointe ailleurs (menu de navigation, liens vers le blog, réseaux sociaux) est une fuite potentielle. Retirez tout ce qui ne sert pas la conversion.
La bonne longueur
La question revient souvent : combien de sections faut-il ? La réponse dépend de la complexité et du prix de votre offre.
Offre simple et peu chère (ebook, essai gratuit, newsletter) : héros + preuve sociale + CTA. 3 sections suffisent. Le visiteur n'a pas besoin de 10 arguments pour donner son email.
Offre moyenne (SaaS, service, formation abordable) : la structure complète en 9 sections fonctionne bien. Le visiteur a besoin d'être convaincu et rassuré, mais ça ne prend pas 20 minutes.
Offre complexe et chère (consulting, logiciel entreprise, formation premium) : ajoutez des études de cas, un comparatif, des témoignages détaillés. Plus le prix est élevé, plus le visiteur a d'objections à lever.
La règle : chaque section doit servir. Si vous pouvez la retirer sans que ça change la capacité de la page à convertir, retirez-la. La page parfaite n'est pas celle qui a le plus de sections, c'est celle où chaque section fait avancer le visiteur vers la décision.